• Comment interpréter l'origine et la fréquence persistance de la foi ?

     

    Comment interpréter l'origine et la fréquente persistance de la foi ? 

     

     

    Via une approche « psycho-neuroscientifique » du phénomène religieux ? 

     

    Par Michel THYS (mise à jour de juillet 2018 de l'article

     

    http://originedelafoi.eklablog.com/-a126973612)

     

     

    Le point de vue des scientifiques :

     

     

     Il est sans doute téméraire de vouloir simplifier ou réduire l’infinie complexité du psychisme humain religieux à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-éducatifs et culturels. ACe l'est d'autant plus du fait de la complexité inimaginable du fonctionnement cérébral humain, et parce que le phénomène religieux, en l'état bien qu'avancé des actuelles observations par IRMf, par tomographie par émission de positons, etc, est encore loin de faire l'objet d'une véritable expérimentation scientifique, « falsifiable » au sens de Karl POPPER. Le « fardeau de la preuve » reste du côté des adeptes des religions révélées.

     

    Certains scientifiques, agnostiques, déistes ou athées, ont néanmoins contribué, peu ou prou, à l'approche neuro-biologique de la foi, par exemple Henri LABORIT, Antonio DAMASIO, Jean-Pierre CHANGEUX, et surtout Patrick JEAN-BAPTISTE. D’autres par contre, notamment Jean-Didier VINCENT, Pascal BOYER ou Richard DAWKINS, me semblent plus réticents à proposer une hypothèse explicative quant à l'origine de la foi et à sa fréquente persistance chez plus de 7 milliards d'individus. Craindraient-ils de s’éloigner de leur spécialité ?

     

     

    Étonnamment, car ils sont censés avoir compris le fonctionnement du cerveau humain, seuls des neurophysiologistes croyants, notamment canadiens, tels que le Dr. Mario BEAUREGARD, financés par la très chrétienne Fondation Templeton, ont tenté de démontrer « scientifiquement » l'existence de Dieu (qu'ils présupposent donc par "pétition de principe" !) en recherchant dans le lobe temporal droit « l'antenne », qu' « Il » y aurait placée pour recevoir sa « Révélation » : en vain, bien évidemment. D'abord parce qu' aucun dieu ne s'est jamais manifesté concrètement, et ensuite parce que, du fait des interconnexions éminemment complexes et instables entre le cerveau émotionnel et le cerveau rationnel (selon le schéma simplifié mais pédagogique de McLEAN), c'est évidemment tout le cerveau qui est concerné (cf SAVER & RABIN), étant entendu que l'émotionnel prédomine chez un croyant.

     

     

    Le point de vue des philosophes :

     

     

    Les actuels philosophes, anthropologues ou sociologues athées ne me semblent pas, ou alors très peu, s'intéresser à l'origine de la foi et à sa fréquente persistance : ni les Français André COMTE-SPONVILLE, Michel ONFRAY, Henri PENA-RUYZ, par exemple, pas plus que les Belges Guy HAARSHER, Jacques SOJCHER, Marcel BOLLE DE BAL, Luc NEFONTAINE ou Jacques RIFFLET. Craindraient-ils que les neurosciences bouleversent  la réflexion philosophique ?

     

    Plutôt que de se résoudre au confortable « mystère de Dieu», n'est-il pas légitime quand même de tenir compte des découvertes des neurosciences, aussi partielles soient-elles encore, afin de compléter l'approche traditionnelle du phénomène religieux (philosophique, métaphysique, historique, théologique, anthropologique, sociologique) … ?

     

    Certes, les religions ne pourront jamais démontrer l'existence  réelle et objective de dieux perpétuellement absents (selon elles, « la foi se vit !»), même si certains philosophes théistes, par exemple l'Américain Alvin PLANTINGA, avec ses « Garanties » métaphysiques évidemment subjectives et orientées, ou par des rationalisations a posteriori et des ratiocinations jésuitiques, tentent de rendre la foi intellectuellement acceptable.

     

    Quant à elles, les neurosciences et les sciences humaines, dont la psychologie, ne prétendent évidemment pas démontrer l'inexistence de « Dieu », puisque par définition aucune inexistence n'est démontrable (sauf en mathématiques, par l'absurde). Par contre, ne tendent-elles pas déjà à démontrer que son existence n'est que subjective et imaginaire ... ?

     

     

    Homo religiosus ?

     

     

    En bref, c'est sans doute pour compenser leur faiblesse corporelle que les « homines sapientes » se sont redressés il y a au moins 100.000 ans et que l'évolution a lentement hypertrophié leur néocortex préfrontal, le rendant capable de langage articulé, puis en quelque 50.000 ans, d’imaginer un nouveau « mécanisme de défense » (« avantage évolutif » ...?) . D'abord le recours à des « esprits » (d'où les superstitions, l'animisme, le chamanisme, ...), ensuite à des dieux protecteurs et anthropomorphes (plus tard à un seul), dont ils tentaient d’apaiser la colère, ou de gagner les faveurs, par des sacrifices, des prières, etc.

     

     

     Michel de PRACONTAL écrit d'ailleurs dans « L'imposture scientifique en dix leçons» (2005), page 141 : « La pensée magique n'a jamais disparu de nos cultures supposées modernes et rationnelles, probablement parce qu'il s'agit d'un mode de raisonnement inhérent à la condition humaine. La pensée dite rationnelle n'a rien de naturel, c'est une construction, une ascèse, un exercice qui demande un travail continuel. L'éternel « retour de l'irrationnel » n'est en fait que la manifestation récurrente d'une forme de pensée qui ne nous a jamais quittés ». 

     

    Dans « La religion est-elle innée ? », le professeur de psychologie Vassilis SAROGLOU de l'Université catholique de Louvain, évoque « l'existence de prédispositions génétiques à la religiosité ». Mais j'observe que cette prédisposition ne s'actualise que si elle est exploitée par un milieu croyant : « à côté de cette part génétique, les influences éducatives précoces décident en grande partie de l'orientation religieuse ou athée d'un enfant »

     

     

    A contrario, la croyance religieuse n'apparaît pas chez les enfants de parents athées , sauf influences religieuses ultérieures : par exemple celles de grands-parents croyants, ou très rarement, en réaction à des parents excessivement antireligieux, ou encore chez des adolescents qui n'ont pourtant pas été éduqués religieusement mais qui, à la suite sans doute de problèmes affectifs mal assumés (?) ou d'inquiétudes  métaphysiques », et en l'absence d'alternatives rationnelles, ont vu dans la foi une issue révélatrice et apaisante.

     

     

    C'est peut-être le cas de l'Abbé belge Eric de BEUKELAER, qui prône la « recherche du « sens (forcément d'inspiration divine) de la vie », plutôt que celui que chacun devrait se forger librement, en connaissance des alternatives humanistes non confessionnelles. Il recherche aussi une « réalité autrement plus réelle (...) mais à mes yeux subjective et imaginaire ». Pour lui, l'athéisme est un « acte de foi », une croyance.

     

    Il a pourtant lu notamment « Sapiens » d'Yuval Noah HARARI, mais il ne me semble pas avoir compris (ou pas voulu comprendre ?), que l'athée « pense », avec son cerveau rationnel, et sur base d'arguments rationnels et scientifiques que Dieu n'existe pas, alors que le croyant « croit » le contraire avec son cerveau émotionnel prédominant..

     

    Le fait que, grâce à l'oxygène, « les poissons ont commencé à évoluer en dehors du milieu aquatique en développant des poumons à partie de branchies (...) ne justifie évidemment pas le fait que « l'homo sapiens a eu accès à la pensée (non : à la croyance !) religieuse ».

     

     

    « Liberté religieuse » ?

     

     

    L'être humain est généralement persuadé qu'il dispose de son « absolue liberté de conscience », d'ailleurs décrétée « laïquement » dans les Constitutions démocratiques, et donc aussi de son libre arbitre. Pourtant, du fait de nos nombreux déterminismes le plus souvent inconscients (héréditaires, hormonaux, éducatifs, culturels, religieux, idéologiques, sociaux, politiques, etc...), nous sommes moins libres que nous ne le pensons, notre amour-propre ou notre orgueil dussent-ils en souffrir. Le neurobiologiste Henri LABORIT, l'avait bien compris, écrivant même, dans « Éloge de la Fuite » : « Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’évader de cette prison, s’il y parvient jamais ». 

     

     

    Répondant à Jacques LANGUIRAND, à Radio Canada, il ajoutait :« Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ». Ou encore : « Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change » (dernière phrase du film, « Mon oncle d'Amérique » (1980), écrit par Alain RESNAIS.

     

     

    La foi : un choix vraiment libre ?

     

     

    Le professeur Vassilis SAROGLOU écrit : « Le fait d'avoir la foi (...)n'est pas tellement, d'un point de vue statistique, une question de choix. C'est plutôt une question de continuité ou d'assimilation de tout le bagage mental ou affectif que l'on a reçu par le biais de la socialisation, qu'il s'agisse de croyance, de pratique, d'émotion ou de valeurs ». Et pour cause : dans nos pays démocratiques, «la liberté constitutionnelle de conscience et de religion» me paraît plus théorique et symbolique qu’effective, parce que l’émergence de la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers :

     

     

    - Elle l'est d’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce (facile : le tout jeune enfant est déjà naturellement animiste), éducation forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents (influence certes légitime mais unilatérale, identitaire et communautariste).

     

    - Elle l'est ensuite par l’influence d’un milieu éducatif croyant imposant précocement, fût-ce à des degrés divers, la soumission à un dieu, à un prophète, à des livres « sacrés » et occultant volontairement les alternatives non confessionnelles de l'humanisme laïque qui, au contraire, prônent l'autonomie de la conscience morale et la responsabilité individuelle. 

     

     

    À mes yeux, l’Histoire confirme d'ailleurs abondamment la piètre aptitude des religions et des idéologies politiques à développer une conscience morale autonome, le respect de la dignité humaine et celui des valeurs humanistes de la « Déclaration Universelle des Droits Humains » de 1948. Par contre, elle me semble témoigner abondamment de leur remarquable aptitude à inciter, dès l’enfance, à la soumission à un dieu, à un prophète, à un texte « sacré », ou à un dictateur ...

    Je pense même que l'absence totale de respect de la vie humaine du léninisme, du stalinisme et du nazisme, bien qu'ils ne soient que partiellement comparables, n'est pas due à leur idéologie politique soi-disant « athée » (puisque l'athéisme est seulement une option philosophique rationnelle), mais qu'elle résulte de la croyance religieuse initiale des « dominants » que furent Lénine, Staline, Hitler, et de celle des « dominés » qu'ils ont d'autant plus facilement endoctrinés que la soumission religieuse initiale a constitué un terreau favorable à leur soumission idéologique et politique. 

     

     

     Origine psychologique, éducative et culturelle de la foi.

     

     

    Quitte à « enfoncer des portes ouvertes », je rappelle que, déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, avait constaté, dans « Psychologie religieuse », sans doute à son grand dam, que (je résume) en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (donc aussi l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, « agrandi, substitutif » et anthropomorphique, qu'il qualifiait d'«authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre ». Ainsi, page 294 :

     

     « La disponibilité religieuse de l’enfant ne prend forme qu’à la condition d’avoir été précocement éduquée. Toutes les observations l’ont confirmé : l’influence des parents est le facteur le plus décisif dans la formation des attitudes religieuses.(…) Les gestes et le langage religieux des parents, la célébration des fêtes religieuses marquent de façon indélébile les souvenirs d’enfance de nombreux adultes, et déterminent leurs sentiments d’appartenance religieuse. (…). L’extraordinaire permanence des attitudes religieuses, que de nombreuses enquêtes ont mis en lumière, s’explique certainement par l’influence prépondérante de l’éducation familiale.»(…).

     

     

     Son successeur actuel, Vassilis SAROGLOU, le confirme : « Le fait d'avoir eu des parents religieux et d'avoir reçu une éducation religieuse est le facteur le plus important pour déterminer les probabilités d'être, de rester ou de redevenir soi-même croyant, que ce soit à l'adolescence ou ultérieurement à l'âge adulte ».

     

    Heureusement, de nos jours, du moins dans la plupart des pays européens, les parents chrétiens et juifs s'abstiennent enfin d'imposer leur religion à leurs enfants, qui y seraient d'ailleurs rétifs. Ce n'est hélas pas encore le cas des parents musulmans ...

     

     

     

     Interprétation « neurophysiologique ».

     

     

    Comment expliquer la fréquente persistance de la sensibilité religieuse ou déiste ? Les neurosciences tendent, me semble-t-il, à confirmer son imprégnation neuronale : des neurophysiologistes ont en effet constaté que si les hippocampes (centres de la mémoire cognitive) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, les amygdales (du cerveau émotionnel), les centres de la peur, sont matures dès la naissance et donc déjà capables de stocker inconsciemment le souvenir d'événements à forte charge affective ou des souvenirs émotionnels tels que, par exemple, l'atmosphère « envoûtante » d'une église, les prières et autres comportements religieux des parents, voire leurs inquiétudes métaphysiques, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur et de l'aire de Broca.

     

     

    Ces « traces » neuronales, appelées « engrammes », sont indélébiles, et se renforcent par la plasticité neuronale et par l'épigénétique au fur et à mesure des expériences religieuses mais aussi méditatives du bouddhisme dépouillé de sa composante religieuse. Sauf que les effets bénéfiques de la méditation bouddhiste sur la santé ne sont pas comparables à ceux, aléatoires, de la prière, celle-ci s'adressant à un dieu ou à un prophète imaginaire et donc illusoire. Les techniques d'imagerie rendent même ces traces neuronales « visibles » anatomiquement, tout comme l'est l'augmentation des neurones du cortex somatosensoriel qui commandent les doigts d'un violoniste, du fait de leurs contractions répétitives.

     

    S'agissant de sensibilité religieuse chez des religieuses ou méditative chez des bouddhistes croyants, les observations par IRM fonctionnelle et par tomographie à émission de positons, etc. suggèrent que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal notamment, et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent inconsciemment « éteints », « anesthésiés » à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins en matière de foi. Même André COMTE-SPONVILLE se dit « athée fidèle » à sa croyance enfantine aux « valeurs chrétiennes », telles que « l'amour du prochain ».


    Cela expliquerait a fortiori la fréquente imperméabilité de certains croyants, notamment créationnistes, à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc l’impossibilité de remettre leur foi en question, sous peine de se déstabiliser ou de se discréditer. (cf. le pasteur évangélique belge Philippe HUBINON à la RTBF en 2003: «
    S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule ! ».

     

     

    Les conversions religieuses.

     

     

    Dans cette optique, les conversions religieuses, mais aussi la « Révélation », me semblent explicables. Lorsqu’on bascule de l’incroyance vers la croyance, ou d’une forme de croyance à une autre, il se produit en un instant une augmentation de l'activité du noyau caudé et un bouleversement d’hormones et de neurotransmetteurs, un peu comme, mutatis mutandis, dans le cas du coup de foudre amoureux …

     

    Je m’explique par exemple, la conversion de Paul CLAUDEL en entendant le Magnificat de BACH à N-D de Paris le 25 décembre1886. Malgré sa brillante intelligence, il ignorait forcément à cette époque que l’environnement sensoriel (le gigantisme, le décorum des églises, le son écrasant des grandes orgues, les chants des choristes, l’odeur d’encens, la génuflexion…) avait provoqué en lui un bouleversement psychophysiologique d'hormones et de neurotransmetteurs, au niveau notamment de la production de la phényléthylamine, de l’ocytocine, de la sérotonine et de la dopamine, au point de faire disjoncter son cerveau rationnel au profit de son cerveau émotionnel : « En un instant, mon coeur fut touché, et je crus ». Ce n’est d’ailleurs pas surprenant puisque les sensibilités poétique, musicale, religieuse, ont des « localisations » voisines, ce qui facilite les interactions.

     

    Les exemples de « hapax existentiel » (Michel ONFRAY), c'est-à-dire de circonstances exceptionnelles laissant des traces physiologiques et psychologiques indélébiles, sont très nombreux : par exemple, la conversion du docteur Alexis CARREL, prix Nobel, qui avait perdu la foi pendant ses études, et qui l’a retrouvée lors d’un voyage à Lourdes, ou celle d’Eric-Emmanuel SCHMITT, à 29 ans, perdu sous le firmament glacial du Sahara (même lorsqu’on est issu comme lui d’une famille incroyante, l’influence inconsciente de deux mille ans de judéo-christianisme se réveille chez certains incroyants en danger de mort, notamment.

     

    Exemple célèbre de conversion : le « pari de Pascal » !  Je ne sais plus qui a écrit :« Ce philosophe, lors de la « nuit du Mémorial » du 23 novembre 1654, connut aussi un état d'exaltation extrême et il nota sur un papier ses sensations, ses émotions, et les sentiments que lui inspirèrent ces minutes d'une telle densité. Le texte s'acheva sur ces mots : «Joie, joie, joie, pleurs de joie » : Pascal connut ce soir-là un authentique ébranlement physiologique dont il ressortira métamorphosé ».

     

     

    Une conclusion ?

     

     

    Je tiens d'abord à préciser que je condamne toutes les religions en fonction de la soumission qu'elles imposent, à des degrés divers mais totale dans le cas de l'islam, ainsi que le prosélytisme catholique et évangélique, car il occulte malhonnêtement la découverte des options philosophiques non confessionnelles. Mais que je respecte les croyants (sauf les fanatiques) qui en sont les victimes involontaires.

     

    J'estime en effet que les croyances religieuses resteront toujours légitimes et respectables du fait de la méconnaissance du fonctionnement cérébral humain éminemment malléable,et de l'impossibilité, pour les moins que centenaires que nous sommes, de comprendre, en quelques générations, par exemple, l'apparition de la vie sur Terre et les mécanismes évolutifs et adaptatifs qui se sont succédé depuis 3,5 milliards d'années jusqu'au primate humain.

     

    Néanmoins, et ce sera ma modeste conclusion jusqu'à preuve improbable du contraire, j'estime que la pire conséquence de l'évolution du cerveau des seuls primates humains a été la capacité d'imaginer des dieux protecteurs et antagonistes, à l'origine de l'intolérance et de la plupart des guerres. Et puisque les dieux n'ont jamais donné le moindre indice de leur existence concrète et donc objective, ils n'ont donc, à mes yeux qu'une existence subjective, imaginaire et dès lors illusoire. Et encore, ajouterai-je : seulement à la suite d'une éducation religieuse précoce confortée par un milieu croyant unilatéral, communautariste et donc peu ouverts à l'acceptation de la différence de l'autre.

     

    P.S. Dois-je ajouter que je ne cherche pas, malgré les apparences, à convaincre que mon  point de vue athée soit plus pertinent qu'un autre. Il vise seulement à susciter des réactions  susceptibles d'infirmer sa validité. Même s'il me semble conformé notamment par l'Israélien Yuval Noah HARARI dans « Sapiens » 2015 et dans « Homo Deus » 2017, ou par  Vitaly MALKIN dans « Illusions dangereuses ») 2018 qui vont dans le même sens.

     

    Par contre, pour Boris CYRULNIK, qui dit et semble s'en réjouir : « l'aspect magiquerevient ». Il estime que la « Psychothérapie de Dieu » «(2017) (« par » Dieu?) nous aide à affronter les souffrances de l'existence et à mieux profiter du simple bonheur d'être », sans même évoquer les alternatives de l'humanisme et de la morale laïques ...

     

     

    Alors, « à chacun sa « vérité » ? Je ne le pense pas : en regard des valeurs humanistes universalisables, toutes les « vérités » ne se valent pas ...

     

    Michel THYS à Ittre (Belgique). http://originedelafoi.eklablog.com/-a126973612

     


    Quelques références bibliographiques, dans le désordre :

     

     

    - Le Grand Larousse du cerveau (2010).

     

    -Dictionnaire de Psychologie et psychopathologie des religions (2013) Gumpper & Rausky.

     

    - Nadia GEERTS : « La neutralité n'est pas neutre ». La Muette 2012.

     

    - André COMTE-SPONVILLE : « L'esprit de l'athéisme ». Albin Michel 2006.

     

    - Baudouin DECHARNEUX : La religion existe-t-elle ? » (Essai sur une idée prétendument universelle). Ed. L'Académie en poche, 2012.

     

    - Patrick JEAN-BAPTISTE « La biologie de dieu » 2003 Agnès Viénot 2003.

     

    - Richard DAWKINS : « Pour en finir avec dieu », R. Laffont 2008 

     

    - Marcel BOLLE de BAL & Vincent HANSSENS « Le croyant et le mécréant ».Mols 2008. 

     

    - Sigmund FREUD : « L'avenir d'une illusion » PUF 1948.

     

    - Antoine VERGOTE, chanoine, « Psychologie religieuse », du, Ed. Dessart 1966.,professeur émérite à l’Université catholique de Louvain.1966. 

     

    - Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT, D :

     

    Religion et développement humain »,. 2001. 

     

    - Vassilis SAROGLOU, dans Cerveau et Psycho n° 40 : « La religion est-elle innée ? ».

     

    - Jean-Didier VINCENT : « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » Odile Jacob 2007, et avec Jules FERRY : « Qu'est-ce que l'homme ? »Odile Jacob, août 2001.

     

    - V.S. RAMACHANDRAN « Le fantôme intérieur ». Odile Jacob 2002.

     

    - Jean-Pierre CHANGEUX « L’homme neuronal »1993, « L’homme de vérité » 1994

     

    - Pascal BOYER « Et l’homme créa les dieux ».

     

    - Antonio DAMASIO « L’erreur de Descartes »2001 et « Spinoza avait raison » 

     

    - Henri LABORIT « Une vie » 1996 « Derniers entretiens », « Eloge de la fuite » Laffont 1976,« Dieu ne joue pas aux dés ». Grasset 1987.

     

    - Mario BEAUREGARD « Du cerveau à Dieu » « The spiritual brain ».

     

    - Michaël PERSINGER « On the possibility of directly accessing every human brain

     

    by electromagnetic induction of fundamental algorythms ».1995.

     

    - Paul D. MacLEAN « Les trois cerveaux de l’homme » 1990.

     

    - Joseph LEDOUX « Émotion, mémoire et cerveau » 1994 

     

    - John SAVER & John RABIN « The neural substrates of religion experience » 1997.

     

    - Francis CRICK « Une vie à découvrir »

     

    - Michel ONFRAY : « Athéologie ».

     

    - Danielle HERVIEU-LEGER : « La religion en miettes ou la question des sectes ».

     

    Calman-Lévy 2001. ,

     

    - Noël RIXHON, ancien prêtre athée : « L'absence d'être de Dieu ». 2006, « Le curé Meslier : Dieu n'est pas »,  « Conscience athée » 2013, où je suis cité en annexe.

     

    - Gabriel RINGLET, ancien vice et pro-recteur de l'UCL, : « L'évangile d'un libre-penseur ».

     

    - Michel de PRACONTAL : « L'imposture scientifique en dix leçons » Ed. du Seuil 2005.

     

    - Alvin PLANTINGA (théiste) : « Warrant and Proper Function » (1993).

     

    -Yuval Noah HARARI : « Sapiens » (2015) et Homo Deus » (2017).Albin Michel.

     

    - Vitaly MALKIN : «Illusions dangereuses ». (chez Herman). (2018).

     

    - Boris CYRULNIK : Psychothérapie de Dieu »(2017).

     

    - Luc NEFONTAINE : notamment « La Franc-maçonnerie : une fraternité révélée », 2008, « Hérésie, mode d'emploi » 2016, etc.

     

    - Via Internet : « Le cerveau à tous les niveaux ». etc.

     

     

     

     

     


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