• Une approche inhabituelle « neuroscientifique » du phénomène religieux ? 

    Le point de vue des scientifiques :

    Le scientisme n'a plus cours depuis longtemps. Il n'est donc pas question, comme l'aurait sans doute fait Guillaume d'Ockham (1285-1347), de vouloir simplifier ou réduire l’infinie complexité du psychisme humain à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-éducatifs et culturels. D'autant moins du fait de la complexité inimaginable du fonctionnement cérébral humain, et parce que le phénomène religieux échappe à l'expérimentation scientifique.

     Certains scientifiques, agnostiques, déistes ou athées, ont néanmoins contribué peu ou prou à l'approche neuro-biologique de la foi, par exemple Henri LABORIT, Antonio DAMASIO, Jean-Pierre CHANGEUX, et surtout Patrick JEAN-BAPTISTE. D’autres par contre, par exemple Jean-Didier VINCENT, Pascal BOYER ou Richard DAWKINS, me semblent plus réticents à proposer une hypothèse explicative quant à l'origine de la foi et à sa persistance. Craindraient-ils de s’éloigner de leur spécialité ?

     Seuls des neurophysiologistes croyants, notamment canadiens, tels que Mario BEAUREGARD, financés par la très chrétienne Fondation Templeton, ont tenté de démontrer « scientifiquement » l'existence de Dieu (qu'ils présupposent donc par "pétition de principe" !) en recherchant dans le lobe temporal droit « l'antenne », qu' « Il » y aurait placée pour recevoir sa « Révélation » : en vain, bien évidemment, puisqu'aucun dieu anthropomorphique ne s'est jamais manifesté, et accessoirement parce que, du fait des interconnexions constantes et éminemment complexes entre le cerveau émotionnel et le cerveau rationnel (selon le schéma simplifié mais pédagogique de McLEAN), c'est évidemment tout le cerveau qui est concerné (cf SAVER & RABIN), même si l'émotionnel prédomine chez un croyant.

    Le point de vue des philosophes :

     Les philosophes, anthropologues ou sociologues laïques ne semblent pas s'intéresser à l'origine de la foi et à sa fréquente persistance : ni André COMTE-SPONVILLE, ni Michel ONFRAY, ni Henri PENA-RUYZ, par exemple, pas plus que les Belges Guy HAARSHER, Jacques SOJCHER, Marcel BOLLE DE BAL, Luc NEFONTAINE ou Jacques RIFFLET.  

    Craindraient-ils que les neurosciences bouleversent  la réflexion philosophique ?

     Plutôt que de se résoudre au confortable « mystère de Dieu», n'est-il pas quand même légitime de tenir compte des découvertes des neurosciences, aussi partielles soient-elles encore, afin de compléter l'approche traditionnelle du phénomène religieux (philosophique, métaphysique, historique, théologique, anthropologique, sociologique) … ? Mais entendons-nous bien : pas plus que les religions ne peuvent démontrer l'existence réelle de « Dieu » (selon elles, « la foi se vit »), les neurosciences et les sciences humaines, dont la psychologie, ne prétendent évidemment pas démontrer l’inexistence de « Dieu », puisque par définition aucune inexistence n'est démontrable (sauf en mathématiques, par l'absurde).

    Homo religiosus ?

     En bref, c'est sans doute pour compenser sa faiblesse corporelle que l'homo sapiens s'est redressé il y a quelque 100.000 ans et que l'évolution a hypertrophié son néocortex préfrontal, le rendant capable de langage, puis en quelque 50.000 ans, d’imaginer un nouveau « mécanisme de défense » : d'abord des « esprits » (d'où l'animisme, le chamanisme, ...), ensuite le recours à des dieux protecteurs et anthropomorphes (plus tard à un seul), dont il tentait d’apaiser la colère, ou de gagner les faveurs, par des sacrifices, des prières, etc.

     Michel de PRACONTAL écrit d'ailleurs dans « L'imposture scientifique en dix leçons» (2005), page 141 : « La pensée magique n'a jamais disparu de nos cultures supposées modernes et rationnelles, probablement parce qu'il s'agit d'un mode de raisonnement inhérent à la condition humaine. La pensée dite rationnelle n'a rien de naturel, c'est une construction, une ascèse, un exercice qui demande un travail continuel. L'éternel « retour de l'irrationnel » n'est en fait que la manifestation récurrente d'une forme de pensée qui ne nous a jamais quittés ». 

    Dans « La religion est-elle innée ? », le professeur de psychologie Vassilis SAROGLOU de l'Université catholique de Louvain, évoque « l'existence de prédispositions génétiques à la religiosité ». Mais cette prédisposition ne s'actualise que si elle est exploitée par un milieu croyant : « à côté de cette part génétique, les influences éducatives précoces décident en grande partie de l'orientation religieuse ou athée d'un enfant ». A contrario, la croyance religieuse n'apparaît pas chez les enfants de parents athées, sauf influences parasites. 

    « Liberté religieuse » ?

    Du fait de nos nombreux déterminismes (héréditaires, hormonaux, éducatifs, culturels, religieux, idéologiques, sociaux, politiques, etc...), notre amour-propre ou notre orgueil dussent-ils en souffrir, nous sommes moins libres que nous ne le pensons. 

    Henri LABORIT, l’avait bien compris, écrivant même, dans « Éloge de la Fuite », page 59 :

     « Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’évader de cette prison, s’il y parvient jamais ». Répondant à Jacques LANGUIRAND, à Radio Canada, il disait :« Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ». Ou encore : « Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change » (dernière phrase du film, « Mon oncle d'Amérique » (1980), écrit par Alain RESNAIS.

    La foi : un choix vraiment libre ?

    Le professeur Vassilis SAROGLOU écrit : « Le fait d'avoir la foi (...)n'est pas tellement, d'un point de vue statistique, une question de choix. C'est plutôt une question de continuité ou d'assimilation de tout le bagage mental ou affectif que l'on a reçu par le biais de la socialisation, qu'il s'agisse de croyance, de pratique, d'émotion ou de valeurs ».

    Et pour cause : dans nos pays démocratiques, «la liberté constitutionnelle de conscience et de religion» me paraît plus théorique et symbolique qu’effective, parce que l’émergence de la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers.

    Elle l'est d’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce (le tout jeune enfant est déjà naturellement animiste), éducation forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents (influence certes légitime mais unilatérale, identitaire et communautariste).

    Elle l'est ensuite par l’influence d’un milieu éducatif croyant imposant précocement, fût-ce à des degrés divers, la soumission à un dieu, à un prophète et à des livres « sacrés » et occultant volontairement les alternatives non confessionnelles de l'humanisme laïque qui prône l'autonomie de la conscience morale et la responsabilité individuelle. L’Histoire confirme d'ailleurs abondamment la piètre aptitude des religions et des idéologies politiques à développer une conscience morale autonome et le respect de la dignité humaine. Par contre, elle témoigne de leur remarquable aptitude à inciter, dès l’enfance, à la soumission à un dieu, à un prophète, à un texte « sacré », ou à un dictateur ...

    Je pense même que l'absence totale de respect de la vie humaine du léninisme, du stalinisme et du nazisme n'est pas due à leur idéologie politique soi-disant « athée » (puisque l'athéisme est seulement une option philosophique rationnelle), mais à la croyance religieuse initiale des « dominants » que furent Lénine, Staline, Hitler, et à celle des « dominés » qu'ils ont d'autant plus facilement endoctrinés que la soumission religieuse initiale a constitué un terreau favorable à leur soumission idéologique et induit la conviction de leur prétendue « supériorité aryenne ».
     

     Origine psychologique, éducative et culturelle de la foi.

     Déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, avait constaté, dans « Psychologie religieuse », sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas (les parents incroyants en témoignent a contrario), et que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, « agrandi, substitutif » et anthropomorphique, fût-il qualifié d'«authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre ». Ainsi, page 294 :

     « La disponibilité religieuse de l’enfant ne prend forme qu’à la condition d’avoir été précocement éduquée. Toutes les observations l’ont confirmé : l’influence des parents est le facteur le plus décisif dans la formation des attitudes religieuses.(…) Les gestes et le langage religieux des parents, la célébration des fêtes religieuses marquent de façon indélébile les souvenirs d’enfance de nombreux adultes, et déterminent leurs sentiments d’appartenance religieuse. (…). L’extraordinaire permanence des attitudes religieuses, que de nombreuses enquêtes ont mis en lumière, s’explique certainement par l’influence prépondérante de l’éducation familiale.»(…).

     Son successeur actuel, Vassilis SAROGLOU, le confirme : « Le fait d'avoir eu des parents religieux et d'avoir reçu une éducation religieuse est le facteur le plus important pour déterminer les probabilités d'être, de rester ou de redevenir soi-même croyant, que ce soit à l'adolescence ou ultérieurement à l'âge adulte ».

     Interprétation « neurophysiologique ».

     Comment expliquer la fréquente persistance de la sensibilité religieuse ou déiste ? Les neurosciences tendent, me semble-t-il, à confirmer son imprégnation neuronale : des neurophysiologistes ont en effet constaté que si les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker inconsciemment le souvenir d'événements à forte charge affective ou des souvenirs émotionnels tels que, par exemple, l'atmosphère « envoûtante » d'une église, les prières et autres comportements religieux des parents, voire leurs inquiétudes métaphysiques, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur et du cortex moteur. Ces « traces » neuronales, appelées « engrammes », sont indélébiles, et se renforcent par plasticité neuronale, au fur et à mesure des expériences religieuses.

    Les observations par IRM fonctionnelle et par tomographie à émission de positons suggèrent que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal notamment, et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent inconsciemment « éteints », et donc « anesthésiés », à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins en matière de foi.
    Même André COMTE-SPONVILLE se dit « athée fidèle » à sa croyance enfantine, ou du moins aux « valeurs chrétiennes », telles que « l'amour du prochain ».
    Cela expliquerait a fortiori la fréquente imperméabilité de certains croyants, notamment créationnistes, à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l’impossibilité de remettre leur foi en question (cf. le pasteur évangélique belge Philippe HUBINON à la RTBF en 2003: « S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! ».

    Les conversions religieuses.

    Dans cette optique, les conversions religieuses, mais aussi la « Révélation », me semblent explicables. Lorsqu’on bascule de l’incroyance vers la croyance, ou d’une forme de croyance à une autre, il se produit en un instant un bouleversement d’hormones et de neurotransmetteurs, un peu comme, mutatis mutandis, dans le cas du coup de foudre amoureux …

    Je m’explique par exemple, la conversion de Paul CLAUDEL en entendant le Magnificat de BACH à N-D de Paris le 25 décembre1886. Malgré sa brillante intelligence, il ignorait forcément à cette époque que l’environnement sensoriel (les grandes orgues, les chants, l’odeur d’encens, le décorum, la génuflexion…) avait provoqué en lui un bouleversement psychophysiologique d'hormones et de neurotransmetteurs, au niveau notamment de la production de la phényléthylamine, de l’ocytocine, de la sérotonine et de la dopamine, au point de faire disjoncter son cerveau rationnel au profit de son cerveau émotionnel : « En un instant, mon coeur fut touché, et je crus ». Ce n’est d’ailleurs pas surprenant puisque les sensibilités poétique, musicale, religieuse, . ont des « localisations » voisines, ce qui facilite les interactions.

     Les exemples de « hapax existentiel » (Michel ONFRAY), c'est-à-dire de circonstances exceptionnelles laissant des traces physiologiques et psychologiques indélébiles, sont très nombreux : par exemple, la conversion du docteur Alexis CARREL, prix Nobel, qui avait perdu la foi pendant ses études, et qui l’a retrouvée lors d’un voyage à Lourdes, ou celle d’Eric-Emmanuel SCHMITT, à 29 ans, perdu sous le firmament glacial du Sahara (même lorsqu’on est issu comme lui d’une famille incroyante, l’influence inconsciente de deux mille ans de judéo-christianisme se réveille chez certains incroyants en danger de mort, notamment. Cf le « pari de Pascal ». Ce philosophe, lors de la « nuit du Mémorial » du 23 novembre 1654, connut aussi un état d'exaltation extrême et il nota sur un papier ses sensations, ses émotions, et les sentiments que lui inspirèrent ces minutes d'une telle densité. Le texte s'acheva sur ces mots : «Joie, joie, joie, pleurs de joie » : Pascal connut ce soir-là un authentique ébranlement physiologique dont il ressortira métamorphosé.

    Je tiens à préciser – mais vous l'aurez déjà compris – que je condamne toutes les religions en fonction de la soumission qu'elles imposent, mais que je respecte les croyants (sauf les fanatiques) qui en sont les victimes. J'estime en effet que les croyances religieuses resteront toujours légitimes du fait notamment de l'impossibilité de comprendre en quelques générations l'apparition de la vie sur Terre et les mécanismes évolutifs et adaptatifs qui se sont succédés depuis 3,5 milliards d'années jusqu'au primate humain.

    Néanmoins, et ce sera ma conclusion jusqu'à preuve improbable du contraire, j'estime que la pire conséquence de l'évolution du cerveau des seuls primates humains a été la capacité d'imaginer des dieux protecteurs mais antagonistes, à l'origine de l'intolérance et de la plupart des guerres. Or les dieux n'ayant jamais donné le moindre indice de leur existence concrète et donc objective, ils n'ont donc qu'une existence subjective, imaginaire et dès lors illusoire. Et encore : seulement à la suite d'une éducation religieuse précoce confortée par un milieu croyant unilatéral, communautariste et donc peu ouvert à l'acceptation de la différence de l'autre. Chez les enfants de parents athées, la foi n'apparaît d'ailleurs jamais, sauf influences parasites ...

    Mais ce n'est là que mon point de vue d'athée, dont je ne prétends évidemment pas qu'il soit plus pertinent qu'un autre. Merci donc pour vos commentaires et surtout pour vos critiques.

     Cordialement, 

    Michel THYS à Ittre (Belgique).
    michel.thys357@gmail.com

     http://michel.thys.over-blog.org

     
    Quelques références bibliographiques, dans le désordre :

    - Le Grand Larousse du cerveau (2010).

    -Dictionnaire de Psychologie et psychopathologie des religions (2013) Gumpper & Rausky.

    - Nadia GEERTS : « La neutralité n'est pas neutre ». La Muette 2012.

    - André COMTE-SPONVILLE : « L'esprit de l'athéisme ». Albin Michel 2006.

    - Baudouin DECHARNEUX : La religion existe-t-elle ? » (Essai sur une idée prétendument universelle). Ed. L'Académie en poche, 2012.

    - Patrick JEAN-BAPTISTE « La biologie de dieu » 2003 Agnès Viénot 2003.

    - Richard DAWKINS : « Pour en finir avec dieu », R. Laffont 2008 

    - Marcel BOLLE de BAL & Vincent HANSSENS : »Le croyant et le mécréant ». Ed.Mols 2008. 

    - Sigmund FREUD : « L'avenir d'une illusion » PUF 1948.

    - Antoine VERGOTE, chanoine, « Psychologie religieuse », du, Ed. Dessart 1966.,professeur émérite à l’Université catholique de Louvain.1966. 

    - Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT, D :

    Religion et développement humain »,. 2001. 

    - Vassilis SAROGLOU, dans Cerveau et Psycho n° 40 : « La religion est-elle innée ? ».

     - Jean-Didier VINCENT : « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » Odile Jacob 2007, et avec Jules FERRY : « Qu'est-ce que l'homme ? »Odile Jacob, août 2001.

    - V.S. RAMACHANDRAN « Le fantôme intérieur ». Odile Jacob 2002.

    - Jean-Pierre CHANGEUX « L’homme neuronal »1993, « L’homme de vérité » 1994

    - Pascal BOYER « Et l’homme créa les dieux ».

    - Antonio DAMASIO « L’erreur de Descartes »2001 et « Spinoza avait raison » 

    - Henri LABORIT « Une vie » 1996 « Derniers entretiens », « Eloge de la fuite » Laffont 1976,« Dieu ne joue pas aux dés ». Grasset 1987.

    - Mario BEAUREGARD « Du cerveau à Dieu » « The spiritual brain ».

    - Michaël PERSINGER « On the possibility of directly accessing every human brain

    by electromagnetic induction of fundamental algorythms ».1995.

    - Paul D. MacLEAN « Les trois cerveaux de l’homme » 1990.

    - Joseph LEDOUX « Emotion, mémoire et cerveau » 1994 

    - John SAVER & John RABIN « The neural substrates of religion experience » 1997.

    - Francis CRICK « Une vie à découvrir »

    - Michel ONFRAY : « Athéologie ».

    - Danielle HERVIEU-LEGER : « La religion en miettes ou la question des sectes ». Calman-Lévy 2001. ,

    - Noël RIXHON, ancien prêtre athée : « L'absence d'être de Dieu ». (Soc. des Ecrivains 2006), « Conscience athée », « Le curé Meslier : Dieu n'est pas » 

    - Gabriel RINGLET, ancien vice et pro-recteur de l'UCL,, : « L'évangile d'un libre-penseur ».

    - Michel de PRACONTAL : « L'imposture scientifique en dix leçons » Ed. Du Seuil 2005. - Via Internet : « Le cerveau à tous les niveaux ». etc.

     

     


  • Commentaires

    1
    Bruno
    Mardi 4 Octobre 2016 à 09:05

    Je voudrais réagir à ceci : "j'estime que la pire conséquence de l'évolution du cerveau des seuls primates humains a été la capacité d'imaginer des dieux protecteurs mais antagonistes, à l'origine de l'intolérance et de la plupart des guerres." C'est un peu court. Depuis la Révolution française, l'intolérance semble bien partagée par les athées, ceux qui ont inventé la Terreur par exemple, ou ceux du communisme sans parler des anarchistes, fascistes,et autres fous athées. La violence ne vient pas de la création des dieux, mais de cette tendance - je parle ici du point de vue psychologique - de chaque personne à diviser le monde en deux : les bons et les mauvais; ou encore : ceux qui ont raison et ceux qui ont tort (nous sommes en plein dedans); ou : les beaux et les autres...

    Sortir de la violence c'est accepter que l'autre a aussi une part de vérité, une part de respectabilité, etc. et que moi ou les miens (mon peuple, ma tribu ou ma nation ou ma religion ou ma conviction...) nous sommes loin d'être parfaits.

    Je vous invite donc à sortir de la violence - cette tendance que notre cerveau crée spontanément. Et cela avec l'aide du cerveau, bien sûr, mais peut-être qu'il nous faut un peu de spiritualité pour cela ?

      • Mardi 4 Octobre 2016 à 15:20

        Bonjour Bruno,

        Merci pour votre commentaire. D'accord, ma « conclusion », toute provisoire, semble réductionniste, et donc « un peu courte », mais chaque fois que cela me paraît possible, je suis partisan, peut-être à tort, du « principe de parcimonie » du moine Guillaume d'Occam, comme je l'ai écrit dans mon blog 

        Si l'on excepte l'influence de certaines tumeurs cérébrales et celle de carences éducatives non récupérées, voire de violences parentales, et si l'on se place dans une approche génétique et neurophysiologique, l'animal humain, placé dans un certain contexte éducatif, culturel, affectif, hormonal, ..., a fortiori s'il a été endoctriné, reste virtuellement capable de haine et de violence.

        Selon moi, le bien et le mal n'existent pas dans la nature. Ce sont des constructions de l'esprit. Le « bien », à mes yeux d'athée, c'est ce qui est favorable à l'épanouissement de l'individu et de l'espèce, et inversement pour le « mal ». Comme tous les autres mammifères, l'être humain, en présence d'un danger ou d'une menace, est d'abord régi par son cerveau "reptilien" qui l'incite à la fuite, ou à l'agression ou encore, cf Henri LABORIT, à l'inhibition s'il "fait le mort". Nous possédons toujours ce cerveau primitif, compensé théoriquement par le cerveau émotionnel et par le cerveau rationnel, heureusement en interaction constante mais en équilibre instable, ce que n'avait pas compris Mc LEAN.

        L'actuel déclin de la religiosité, du moins chez nous ("Tu ne tueras point !") n'a hélas pas été compensé par une éducation laïque "humanisante". Je pense en effet que la conscience morale, le sens des valeurs; le respect de l'autre et de sa différence enrichissante, loin d'apparaître spontanément, ne s'acquièrent que par une éducation familiale puis scolaire, fondées sur l'autonomie, la responsabilité individuelle, l'apprentissage des limites et du respect des autres et de soi-même, sur l'exemple des parents et des éducateurs, non pas intellectuellement, mais par des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario, etc ... (cf par exemple la méthode des dilemmes moraux de Kohlberg. Mais cette morale laïque est malheureusement rétive à tout prosélytisme, ce dont profitent évidemment les responsables religieux de l'éducation ...

        Quant à la violence actuelle dans le monde, elle a certes des causes socio-économiques et politiques, mais aussi voire surtout religieuses. L'histoire confirme abondamment la piètre aptitude des religions à développer une conscience morale autonome. Elle témoigne par contre de sa remarquable aptitude à inciter, dès l'enfance, à la soumission et à l'obéissance à un texte « sacré » puis à ceux qui exploitent la soumission religieuse pour maintenir leur domination sur les consciences.

        Je ne partage pas l'opinion fréquente (la vôtre) selon laquelle la violence raciste du nazisme, le totalitarisme du stalinisme ou du fascisme de Mussolini, notamment, seraient dus à l' « athéisme » de ces idéologies. L'athéisme n'est en effet qu'une option philosophique librement choisie sur base d'arguments rationnels et scientifiques. Au contraire, il me semble que l'absence totale de respect de la dignité humaine d'un Hitler et d'un Staline, d'un Mussolini, ..., de même que la soumission et la violence de ceux qu'ils ont endoctrinés, sont explicables par leur commune éducation religieuse initiale, qui a constitué un terreau favorable à la volonté de puissance des premiers et à la soumission des seconds. À mes yeux, les religions, surtout l'islam, à cause de leur prétention à détenir chacune LA Vérité et LE Vrai dieu, sont à l'origine de toutes les intolérances et de la plupart des violences. Hier comme aujourd'hui.

         

        Cordialement.

        Michel THYS

    2
    Dimanche 8 Janvier à 17:35

    Message de Pingwen , envoyé par le formulaire de contact de originedelafoi.eklablog.com
    Sujet : Une approche inhabituelle « neuroscientifique » du phénomène religieux  sans et avec gène & plaisir. 
    E-mail : ch.g29bretagne@orange.fr

    Bonjour cher Michel , 

    Suite à votre article sur originedelafoi.eklablog.com/-a126973612 , vous écrivez : «  Je tiens à préciser – mais vous l'aurez déjà compris – que je condamne toutes les religions en fonction de la soumission qu'elles imposent, mais que je respecte les croyants (sauf les fanatiques) qui en sont les victimes. J'estime en effet que les croyances religieuses resteront toujours légitimes du fait notamment de l'impossibilité de comprendre en quelques générations l'apparition de la vie sur Terre et les mécanismes évolutifs et adaptatifs qui se sont succédés depuis 3,5 milliards d'années jusqu'au primate humain.
    Néanmoins, et ce sera ma conclusion jusqu'à preuve improbable du contraire, j'estime que la pire conséquence de l'évolution du cerveau des seuls primates humains a été la capacité d'imaginer des dieux protecteurs mais antagonistes, à l'origine de l'intolérance et de la plupart des guerres. »
    Et bien , voici le point de vue d'un imbécile heureux qui 'pleure' de joie et qui ne se gène pas pour le dire :

    Les enfants du dauphin rose ( www.youtube.com/watch?v=7kCjOUyupC8 ) contredit votre article de originedelafoi.eklablog.com/-a126973612 

    Il est clair que le mythe présenté dans cette courte vidéo règle un problème d'ordre social . La religion est une adhésion à une communauté qui nous protège . Elle est plus liée à notre instinct grégaire lui même en relation avec notre instinct de survie selon '' l'union fait la force '' ! Il n'y a pas d'instinct de la croyance ni de gène de la religion , il me semble . Le sentiment de peur peut probablement être expliqué de façon neurobiologique car la peur libère des neurotransmetteurs qui active une zone de déplaisir ou désactive la zone de plaisir, bien-être naturel commun à tous les êtres vivants de France , de Navarre et d'ailleurs jusqu'aux confins de l'Amazonie comme le démontre ce reportage . La peur d'être exclu du groupe est le moteur fondamental de l'être humain et des croyances . Rien à voir avec une prédisposition avec la religiosité !
    Dans ce reportage , le groupe a adopté une stratégie complètement différente de la nôtre pour régler le problème des enfants adultérins tout simplement parce que leur communauté était plus petite et qu'il n'était pas question qu'elle se divise , toujours selon '' l'union fait la force '' . Il n'y a pas de condamnation de l'adultère ni camouflage . Les enfants issus d'une relation adultère sont appelés '' les enfants du dauphin rose '' , animal vénéré par la communauté . La femme peut choisir l'origine de la paternité soit celle du con joint ou du dauphin de sorte qu'il n'est plus possible de déterminer une filiation biologique réelle pour chaque enfant ni de condamner ou rejeter un des membres de la communauté pour ses relations amoureuses . La condition sine qua none pour maintenir cette cohésion est la vénération du dauphin rose ! Est -ce que chacun croit ? Pas sûr mais par contre chacun adhère car tous y trouvent un avantage ! Fabuleuse croyance qui ne condamne pas , ne juge pas  ! 
    Aucune notion de culpabilité mais acceptation d'une réalité observée et intégration sociale de cette composante de façon harmonieuse et naturelle dans tous les sens du terme !!!
    La nature est fondamentale dans la vie de ces indiens et ils l'ont intégrée dans leurs croyances … ce que nous n'avons pas fait !!! Et si aujourd'hui nous en sommes là , c'est du fait des bases de nos croyances qui mettent l'homme au dessus de la nature !!!

    La légende de Boton Roi est une SUPERBE idée née de l'observation de la nature mais aussi du comportement ' naturel ' des êtres humains , la SEULE neurobiologie véritable qui relie imaginaire , vue , ouïe … haut du crâne et entre jambe bref tous les sens à une réalité d'un besoin social harmonieux : la nécessité de rester grouper et de s'aimer tous quelques soient les origines biologiques de chaque membre du groupe ! Il n'y a pas de triche possible ni d'hommes et de femmes au dessus des autres pour ce qui concerne l'amour et les relations amoureuses .
    « Le Boto est un protecteur , un gardien et un juge mais Il Lui arrive parfois de poursuivre un but plus personnel … '' Lorsqu'une fille a ses règles pour la première fois , elle court un grand danger car le Boto sent qu'elle devient une femme . Lorsqu'Il apparaît près des berges du fleuve , la jeune fille tombe amoureuse de Lui . Il discute et flirte avec elle . Il l'aide à prendre son bain ou à laver son linge . Parfois , Il vient jusqu'à sur la terre ferme sous l'aspect d'un bel homme à la peau clair coiffé d'un chapeau blanc . Soit Il se contente de passer du temps avec la jeune fille , soit Il l'enlève et l'emmène avec Lui sur les eaux du fleuve où ils vivent ensemble très longtemps avec d'autres dauphins et créatures peut-être aussi humaines . Cette histoire est véridique ! C'est arrivé très souvent et ça arrivera encore . Le Boto est un homme et Il vit parmi nous pour ensuite disparaître comme Il est venu . La jeune fille pense qu'elle a rêvé mais croyez – moi , cela n'a rien d'un rêve ! C'est dangereux …'' Grâce au dauphin rose , les femmes qui ont des enfants illégitimes ne sont pas exclus de la société . Sur certains actes de naissance , les mères qui ne PEUVENT ou ne VEULENT pas inscrire le nom du père , mettent simplement ' péro boter ' , ' enfant du Boto ' et CES ENFANTS ONT TOUJOURS ÉTÉ TRÈS PROTÉGÉS !
    Le monde a peut-être besoin plus de légendes comme celle – ci . »

    Les animaux ont le même statut voir ils sont supérieurs à l'homme … tout le contraire du fondement de nos croyances ! Et aujourd'hui , nous payons tous le prix fort de nos croyances ; celles d'avoir crû que nous étions au dessus de la nature !!! Il y a différentes croyances pour protéger la nature mais également pour protéger la nature humaine . Celles de ces indiens sont supérieures aux nôtres car elles protègent les plus faibles et ils n'ont pas besoin d'autres systèmes de juridiction que leurs croyances .
    Je ne pense pas qu'ils aient un gène de religiosité plus actif que les nôtres ; ils sont tout simplement moins cons que nous !
    Car il faut être complètement con pour penser qu'il y a un gène de la religiosité !!! Et même s'il existait , à quoi cela nous sert-il de le savoir ? À classer les cons ?
    Pffffffffffff ….. 

    Divinement leur.es et humblement vôtre pour finir :

    I.G.Y. (International Geophysical Year ) extrait de ' The Nightfly ' de Donald Fagen à écouter religieusement sur 
    www.youtube.com/watch?v=sogYgHlNnqo

    La chanson est chantée à partir d' un point de vue optimiste (***foi , croyance?) pendant l'AGI, et dispose de références à des concepts post-futuristes, tels que l' énergie solaire (utilisé pour la première en 1958), Spandex (inventé en 1959), Voyage spatial pour le divertissement , et rail sous-marin international à grande vitesse 

    en.wikipedia.org/wiki/I.G.Y._(What_a_Beautiful_World)

    Parole de la chanson :
    Standing tough under stars and stripes

    We can tell
    Nous pouvons dire 
    This dream's in sight
    Ce rêve est en vue 
    You've got to admit it
    Tu dois l'admettre 
    At this point in time that it's clear
    A ce moment dans le time il est clair 
    The future looks bright
    que l'avenir s'annonce prometteur 
    On that train all graphite and glitter
    Sur ce train tout de graphite et de paillette 
    Undersea by rail
    sous-marin par rail 
    Ninety minutes from NewYork to Paris
    Quatre-vingt dix minutes de New York à Paris 
    Well by seventy-six we'll be A.O.K.
    Eh bien avec 76, nous serons  toujours sur le clavier  .
    What a beautiful world this will be
    Quel beau monde ce sera !
    What a glorious time to be free 
    Quel glorieux moment pour être libre !
    Get your ticket to that wheel in space
    Prenez votre billet pour cette roue dans l'espace 
    While there's time
    Pendant qu'il est temps 
    The fix is in
    La solution est dans le fait que
    You'll be a witness to that game of chance in the sky
    Vous serez témoin de ce jeu de hasard dans le ciel 
    You know we've go to win
    Vous savez que nous devons gagner 
    Here at home we'll play in the city
    Ici à la maison , nous jouerons dans la ville 
    Powered by the sun
    Propulsé par le soleil 
    Perfect weather for a streamlined world
    Temps parfait pour un monde rationalisé 
    There'll be spandex jackets one for everyone
    Il y aura des vestes élasthanes une pour tout le monde 
    What a beautiful world this'll be
    Quel beau monde ce sera !
    What a glorious time to be free
    Quel glorieux moment pour être libre !
    On that train all graphite and glitter
    Sur ce train tout de graphite et de paillette 
    Undersea by rail
    sous-marin par rail 
    Ninety minutes from NewYork to Paris
    Quatre-vingt dix minutes de New York à Paris 
    (More leisure for artists everywhere)
    (Plus de loisirs pour les artistes partout dans le monde) 
    A just machine to make big decisions
    Une machine juste pour prendre de grandes décisions 
    Programmed by fellows with compassion and vision
    Programmé par les boursiers avec compassion et vision 
    We'll be clean when their work is done
    Nous serons propre quand leur travail est fait
    We'll be eternally free yes and eternally young
    Nous serons éternellement libre oui et éternellement jeune 
    What a beautiful world this'll be
    Quel beau monde ce sera !
    What a glorious time to be free.....
    Quel glorieux moment pour être libre ...

    Héritage IGY :

    À la fin, l'IGY a été un succès retentissant. Dans certains domaines, la collecte de données était incomplète et des extensions informelles ont été ajoutées et de nouveaux efforts de coopération ont été réalisés. 
    L'IGY a mené à plusieurs avancées qui vivent aujourd'hui. Par exemple, le travail de l'AGI a conduit directement au Traité sur l' Antarctique , qui a appelé à l'utilisation de l' Antarctique à des fins pacifiques et la recherche scientifique coopérative. Depuis, la coopération internationale a mené à la protection de l'environnement antarctique, à la préservation des sites historiques et à la conservation des animaux et des plantes. Aujourd'hui, 41 pays ont signé le Traité et la recherche collaborative internationale continue. 
    Le CIUS Système mondial de données (WDS) a été créé par la 29e Assemblée générale du Conseil international pour la science (CIUS) et construit sur l'héritage de 50 ans de l'ex - centres ICSU mondial de données (WDC) et ancienne Fédération des données astronomiques et géophysiques -Services d'analyse (FAGS). [26] 
    Ce système mondial de données , héberge les référentiels pour les données recueillies au cours de l'AGI. Sept des 15 centres de données mondiaux des États-Unis sont situés dans les centres nationaux de données de la NOAA ou dans les filiales de la NOAA. Ces centres de données du CIUS non seulement préservent les données historiques, mais aussi favorisent la recherche et la collecte de données en cours. [27] La quatrième Année polaire internationale sur 2007-2008 a porté sur le changement climatique et ses effets sur l'environnement polaire. Plus de soixante pays ont participé à cet effort et comprendront des études dans l'Arctique et l'Antarctique. [28] 

    Image sur translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/International_Geophysical_Year&prev=search

    Timbre commémoratif publié par le Japon en 1957 pour marquer l'IGY. L'illustration représente la recherche du navire japonais Soya (brise-glace) en Antarctique . Pseudonyme (s): le bateau miracle - Princesse blanche des phares - Père Noël de la mer - Le dernier des navires de la marine impériale japonaise .

    La nuit porte conseils … ce fut mon cas . Après avoir bien dormi cette nuit , voici ma conclusion : j' espère vous avoir fourni Michel la/les preuves du contraire recherché .

    Cordialement et du fond du coeur , bonne nuit !

     
      • Dimanche 8 Janvier à 17:42
        Bonsoir Cher Pingwen,Merci pour votre commentaire et cette belle vidéo !M'autorisez-vous à les transférer sur mon blog originedelafoi.eklablog.com ?Aux connaissances près, le cerveau des primates humains n'ayant presque pas évolué, anatomiquement et physiologiquement depuis quelques dizaines de milliers d'années, la croyance en une "Nature divine" est persistante et respectueuse chez des peuples encore (mais de moins en moins) épargnés par notre "civilisation". Spinoza l'aurait confirmé : "Deus sive natura".Pour ma part, la croyance en des dieux me semble notamment explicable par l'incapacité des moins que centenaires que nous sommes de se représenter une durée de plusieurs centaines de millions d'années au sein de lanature, et donc de son influence sur l'évolution du vivant et sur sa lente adaptation à un environnement en continuel changement.Cordialement,Michel THYS
         
         
         
        <table class="cf gJ" style="border-collapse: collapse; margin-top: 0px; width: auto;" cellpadding="0"> <tbody> <tr class="acZ" style="height: 16px;"> <td class="gF gK" style="font-family: arial, sans-serif; margin: 0px; white-space: nowrap; padding-right: 8px; vertical-align: top; width: 805px; padding-top: 0px;"> <table class="cf ix" style="border-collapse: collapse; table-layout: fixed; width: 805px;" cellpadding="0"> <tbody> <tr> <td style="font-family: arial, sans-serif; margin: 0px;">

        ch.g29bretagne@orange.fr

        </td> </tr> </tbody> </table> </td> <td class="gH" style="font-family: arial, sans-serif; margin: 0px; text-align: right; white-space: nowrap; vertical-align: top;">
        15:07 (Il y a 2 heures)
        </td> <td class="gH" style="font-family: arial, sans-serif; margin: 0px; text-align: right; white-space: nowrap; vertical-align: top;"> </td> <td class="gH acX" style="font-family: arial, sans-serif; margin: 0px; text-align: right; white-space: nowrap; vertical-align: top;" rowspan="2">
        </td> </tr> <tr class="acZ xD" style="height: 16px;"> <td style="font-family: arial, sans-serif; margin: 0px;" colspan="3"> <table class="cf adz" style="border-collapse: collapse; table-layout: fixed; white-space: nowrap; width: 967px;" cellpadding="0"> <tbody> <tr> <td class="ady" style="font-family: arial, sans-serif; margin: 0px; overflow: hidden; text-overflow: ellipsis;">
        À moi
        </td> </tr> </tbody> </table> </td> </tr> </tbody> </table>
         
         
         
         
         

        Bonne année Michel et merci de votre réponse ,

         

        Bien entendu je vous autorise à publier tout ce que je vous ferai parvenir ...

         

         

         

        Il est aussi écrit : " Je détruirai la sagesse des sages, Et j'anéantirai l'intelligence des intelligents.Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; 28et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, 29afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu... puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.

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      Commentaire :


    3
    José
    Mardi 10 Janvier à 01:09

    Absolument intéressant. J'y ajouterai ma touche personnelle: si Dieu existait, le monde parfait qu'il aurait créé serait très probablement un monde d'athées.

    4
    Mardi 29 Août à 09:01

    Commentaire d'Olivier, le 27 août 2017 :

    Bonjour Monsieur,

    Je ne veux comme certains dans leurs commentaires ni vous congratuler ni polémiquer stérilement avec vous ce qui n'a aucun intérêt mais seulement débattre, ce qui est la meilleure chose à faire entre deux hommes de bonne volonté en dissension, d'autant qu'il me semble que nous partageons aussi un certain nombre de valeurs : éduquer le citoyen en vue de valeurs universalisables, en l’invitant à une existence responsable et à penser de manière autonome, notamment par le biais d' éducation basée sur une réflexion philosophique rationnelle.

    Ce sont là les valeurs de l'Aufklärung notamment kantiennes. Or vous n’êtes pas sans savoir que Kant , bien qu'il réfute la possibilité d'une démonstration de l’existence de Dieu, n'était pas précisément un athée. Je sais bien que vous allez me dire que sa foi n'est que le résultat du fonctionnement biologique de son cerveau et de l'aliénation des influences de son éducation piétiste mais j'attire votre attention sur le fait qu'une telle réduction trop rapide des conclusions de son esprit dont nous pouvons, je crois, convenir que sa grandeur dépasse la dimension médiocre des nôtres, serait une insulte à l'autonomie de son jugement. Je ne dis pas évidemment qu'il y ait des arguments d'autorité et que parce que Kant a pensé quelque chose cela doit être vrai mais disons que si un tel esprit et bien d'autres génies dans l'humanité ont eu la foi , le problème doit bien être un peu plus compliqué que ce que vous en dites.

    Qu'il y ait des esprits sous influences et notamment des enfants qui acquièrent par là des croyances superstitieuses est une chose, mais que toute foi soit étrangère et contraire à la pensée la plus libre et la plus profonde en est une autre. Remarquons de la même manière que si j'ai été éduqué dans un milieu athée ou même simplement indifférent à la question religieuse e t que je n'envisage pas pour cette seule raison la possibilité hypothétique d’une existence du divin sous une forme ou une autre, le suis tout autant dans le préjugé que le croyant superstitieux et conditionné.

    Puisque vous invitez à davantage de philosophie, je vous conseillerais sans vouloir vous désobliger d'en faire un peu plus vous même car comme vous l'avouez à la fin de votre article vous exposez une opinion plutôt qu'un véritable questionnement, je vous cite : "ce n'est là que mon point de vue d'athée, dont je ne prétends évidemment pas qu'il soit plus pertinent qu'un autre". Or le ton un peu professoral et condescendant que vous adoptez dément cette prétendue modestie. Il n'y pas que les religions pur être dogmatiques, un certain usage de la science peut l'être tout autant.

    Ainsi il est un peu ridicule de prendre Pascal (pour reprendre un de vos exemples) par la main et lui faire la leçon à base de vos connaissances neurobiologiques pour lui expliquer le sens ou plutôt le non sens de votre point de vue de son expérience mystique réduite a priori par vous sans aucune preuve à un simple bouleversement physiologique. Il est possible évidemment que Pascal ait mésinterprété son expérience mais comme c'est lui qui l'a vécue et pas vous et qu 'il est loin d’être le seul dans humanité à travers les cultures les plus diverses à avoir connu une telle expérience , la modestie voudrait qu'on cherche d’abord à essayer de la comprendre de l'intérieur et non de l'expliquer de suite avec des considérations qui la rabaissent à n'être qu'un bouillonnement d'un orage neurologique.

    L’exemple de Pascal est d’ailleurs bon car c'est un génie universel parmi les plus grands de toute l'histoire de humanité. Il ne méprise pas dans son ordre la recherche scientifique et s’intéresserait sans doute s'il était notre contemporain à la neurobiologie mais il savait lui que la science n'est pas tout ni la seule manière dans la pensée d’envisager le réel. Ce qui est insupportable chez un homme moderne c'est sa croyance immédiate, sous prétexte qu'il fait un peu de science, en sa supériorité intrinsèque sur les autres époques et les autres manières de pensée présente dans d'autres cultures. Il se pourrait, que l’usage moderne de l’intelligence soit une régression, qu'il y ait au moins autant sinon davantage de vérité dans les mythes, dans la philosophie, dans les religions que dans la science même si ce sont des régimes de vérité de modalité différente que celle de la recherche expérimentale mais cela, l'esprit moderne obtus dont Monsieur Homais incarne la caricature, ne peut même pas l'envisager, infatué qu'il est de indubitable supériorité.Il y des manières de faire l'adulte qui sont parfaitement infantiles.

    J'ai été déjà trop long mais je voudrai vous signaler quelques problème philosophiques qu’impliquent vos propos sans que vous sembliez vous ne rendre compte.

    Ainsi : 1) Si la croyance religieuse est entièrement le produit de l'évolution biologique et du conditionnement social, ce sera aussi le fait de la conviction athée et dans le cadre d'un tel double déterminisme sans aucune échappatoire, d'où vous viendrait , je vous prie votre liberté de pensée ? La vérité pour avoir une valeur implique la liberté du jugement mais celle -ci suppose à son tour que la foi comme l’athéisme ne soit pas nécessairement ni entièrement le produit des conditionnements que vous évoquez qui existent certes mais ne sauraient tout expliquer. Un jugement qui n’aurait que des causes – ce qui nous enferme dans le champ du déterminisme et de sa nécessité propre – et non des raisons – ce qui nous place d’emblée sur le terrain de la libre adhésion à la vérité n’aurait strictement aucune valeur. Mais dans un cadre strictement naturaliste l’origine de notre liberté d'esprit est une sacrée gageure.

    2) Si voulez vraiment fonder en raison (et non chercher un consensus empirique de fait )des valeurs morales universelles, réduire le réel à la seule nature en proie à une évolution aveugle n'est pas non plus sans poser des difficultés. L’absence d'une transcendance n'empêcherait certes pas qu'on puisse vouloir des valeurs universelles mais risque de ruiner les justifications théoriques d'une telle prétention. Le célèbre "si Dieu n'existe pas, tout est permis " du personnage de Dostoïevski (même s'il peut être interprété de diverses manières cf la conférence d'un AufklÄrer catholique, je sais vous présumez que cela est antithètique : https://www.youtube.com/watch?v=0nORj9wBaZQ) pourrait signifier comme le soutient COMTE-SPONVILLE en désaccord avec son maître Marcel Conche, l’impossibilité de donner à la morale un fondement quelconque.

    Entre parenthèses COMTE-SPONVILLE se veut, à son honneur, fidèle à des valeurs pluriséculaires et même pluri-millénaires (dont la longévité pourrait s'expliquer parce qu'elles sont solides et vraies et non comme un préjugé superficiellement transmis de génération en génération) et non simplement à sa croyance enfantine comme vous le dites. Ne trouvez vous pas outrecuidant de poser votre point de vue comme le seul adulte, autonome, mature , émancipé ? Vous n'avez pas le monopole de la raison et cela contredit votre profession de foi de tolérance à l 'égard du parti adverse qui je n'en doute pas est sincère dans la vie mais ici non manifeste. La vérité n'est pas nécessairement à la mode.

    D'un point de vue pratique, de même qu'un athée peut être vertueux, ce qu'on sait au moins depuis Spinoza (qui n'est pas vraiment un athée) et même bien avant, faire profession d'une conviction religieuse ne préserve évidemment pas de la turpitude et en est même souvent le prétexte. Mais d'un point de vie théorique le prix à payer d'un matérialisme conséquent pourrait-être l'immoralisme, ce que Sade et Nietzsche qui ont le mérite d'être radicaux et conséquents jusqu'à un certain point, ont envisagé. Que l'immoralisme ou du moins l’amoralisme théorique de la réalité (mais si par hypothèse la morale universelle en son absoluité est fondée, l'amoralisme devient de l’immoralisme puisqu'on traite alors des valeurs non relatives comme si elles n'avaient aucune valeur en soi) soit la conséquence de l'athéisme (et non la morale effective de tous les athées concrets qui heureusement comme les croyants superstitieux peuvent être incohérents) n'est pas la preuve de sa fausseté mais au moins faut-il être conscient du risque que cela implique et que le 20 ème siècle en son nihilisme meurtrier a illustré.

    Ne vous en déplaise, les convictions racistes de Hitler s’originent bien davantage dans un certain usage de la biologie (qu'on ne peut certes pas accuser comme telle d'en être responsable) et du darwinisme que dans des croyances religieuses. Son paganisme diabolique avait conscience de ses ennemis qui étaient spirituels et religieux et non raciaux comme le voulait son mensonge idéologique et aurait dit ( dans Hitler m'a dit de Hermann Rauschning à prendre avec des pincettes selon les historiens) : " Je libère l’homme… d’une vision fausse appelée conscience et moralité… La conscience est une invention juive…” En tout cas le pape Pie XI déclarant en 1937 «Spirituellement,nous sommes tous des Sémites» désigne la source de la morale catholique, c'est à dire au sens propre universelle. Nietzsche n’était certes pas un nazi et ne partageait pas la vulgarité de l'antisémitisme de son beau-frère et de sa sœur mais si celle-ci a pu traficoter ses textes et les instrumentaliser au service de cette thanatocratie c'est que, sinon par leur lettre qui peut parfois faire froid dans le dos, du moins par leurs tenants et leurs aboutissants, ils le permettaient. "Dieu se rit de ceux qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes" disait Bossuet On pourrait dire aussi que d'autres moins innocemment détestent les causes dont ils chérissent les conséquences.

    3) Enfin vous déclarez avec une naïveté qui le dispute au dogmatisme : " aucun dieu ne s’est jamais manifesté concrètement". Excusez moi mais qu'en savez vous ? C'est une affirmation gratuite, une simple opinion non seulement sans preuve mais sans le commencement d'un examen ni le début d'une recherche. Ce n'est pas parce que vous ignorez quelque chose que cela n' existe pas. Lisez sérieusement Pascal qui vous en apprendra bien plus que moi la dessus et qui se moque de ceux qui se contentent d'un examen rapide et superficiel pour déclarer aussitôt qu'ils n'ont rien trouvé. Il est vrai : "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé". Des sages, des philosophes, des saints, des mystiques et même des hommes simples et ordinaires sont allés à dieu par la raison, par l’expérience sous différentes formes qui témoignent de théophanies au moins apparentes , par l'amour etc .. et vous vous balayez cela d'un revers de neurone en décrétant sans envisager d'autres hypothèses que l'explication neurobiologique pour réduire toute cette richesse (l'esprit n'est qu'un os ironisait déjà Hegel à propos d'un certain scientisme de son époque )

    Ce qui me frappe c'est combien souvent les athées qui se mêlent de parler des religions les ignorent en fait et dédaignent de les étudier avec sérieux puisqu'ils ont déjà décidé a priori qu'il ne peut s'agir que d'élucubrations. cf La manière vague et abstraite et par là fausse dont vous traitez la variété de l’expérience religieuse en la rassemblant dans un fourre tout : "Toutes les religions sont donc fondées, à des degrés divers, sur la soumission à un dieu, à un prophète et à un livre « sacré », qui s'excluent les uns les autres. " C'est parfaitement faux : il y a des religions sans dieu, sans prophète et sans livre sacré. Si quelqu’un se mêlait de parler de science avec une légèreté analogue, ne le rabrouerait-on pas à juste titre ? Le préjugé n'est pas uniquement et toujours là où on croit ?

    Voilà je finis ce trop long développement motivé uniquement par le débat sans concession mais respectueux du point de vue d'autrui dont les désaccords me permettent de tenter de clarifier mes propres idées dans la nuit de mon esprit qui comme celui de chacun mélange des doutes et des certitudes. N'est ce pas dans le dialogue qu'il faut tenter de fonder la morale ? C'est ce que soutient en tout cas Marcel Conche, mon athée préféré en raison de la clarté et de la profondeur de sa pensée, de son honnêteté intellectuelle et de son intégrité morale. J'ai la conviction que tous les hommes sont frères en dépit de leurs désaccords et de leurs conflits, frères en faiblesse et en ignorance dans la recherche de la vérité face à la stupéfaction et à émerveillement du fait même d'exister. Bien à vous, Olivier 27 août 2017

      • Mardi 29 Août à 09:03

         

        Bonjour Monsieur Olivier,

         


        Grand merci pour votre commentaire et pour vos critiques : certaines d'entre-elles rejoignent d'ailleurs celles que je me fais à moi-même depuis que j'ai pondu ce texte ... ! Je serais heureux qu'un échange de nos points de vue puisse s'établir, ce qui me permettrait de nuancer certains des miens et de commenter certains des vôtres, sans chercher à se convaincre mutuellement, s'entend (malgré parfois les apparences, en ce qui me concerne).

         


        Loin de moi l'idée que le cerveau de KANT, à mes yeux le plus génial philosophe de son époque, n'ait été régi que par des neurotransmetteurs tels que la dopamine, et par son environnement culturel ! Sans être pour autant athée, il a d'autant plus de mérite qu'avant lui, à son époque, et après lui, tout le monde était croyant ou au moins déiste, sauf le curé Jean MESLIER (le premier athée depuis LUCRECE, ÉPICURE, ...) dont KANT a dû connaître les oeuvres posthumes, publiées après 1729, puisqu'il est mort en 1804, (dont son « Testament », expurgé par le déiste VOLTAIRE !) et résumées notamment par Serge DERUETTE dans « Lire Jean Meslier » Editions Aden 2008, ou par Noël RIXHON, ancien prêtre décédé en 2015 à 81 ans, dans « Dieu n'est pas », et dans « Conscience athée », par exemple.


         

        Je reconnais volontiers que je suis partisan, à tort vu que la compréhension du vivant se révèle de plus en plus complexe, du principe de parcimonie d'Occam (même s'il existe des cas exceptionnels qui attestent sa validité ( E=M.C²). EINSTEIN, malgré son génie était pourtant déiste. Théodore VERHAEGEN, le fondateur franc-maçon a-dogmatique de l'ULB, était anticlérical mais croyant : il allait à la messe tous les dimanches. Je m'explique la fréquence des croyances religieuses avant les années soixante environ par la collusion généralisée entre les pouvoirs politiques électoralistes et les religions aliénantes, et par le fait que les esprits, du moins dans nos pays intellectualisés, ne se sont que très lentement émancipés, voire pas du tout.

         

        L'exemple des États-Unis me paraît flagrant à cet égard : du fait que les alternatives non confessionnelles y sont totalement et volontairement occultées, 95 % au moins des Américains sont croyants ou déistes, et les 4 millions et demi de francs-maçons « réguliers » sont théistes (ils doivent croire en Dieu et en l'immortalité de l'âme et, héritiers de l'intolérance religieuse, ils ne reconnaissent pas les Obédiences a-dogmatiques !). L'imprégnation religieuse me semble aussi s'expliquer, depuis toujours, par l'ignorance des options non confessionnelles depuis toujours, et jusque dans les années soixante, par l'absence de prise en compte des observations de la psychologie, même religieuse, et de la neurophysiologie. Enfin, du moins en France et en Belgique surtout, les libres penseurs se sont manifestés, acceptant même que la « laïcité organisée » soit subsidiée au même titre que les religions.

         


        Je pense, comme le Dr QUEGHEN, que les jeunes enfants, totalement malléables et vulnérables, sont des « éponges », et que leur faire apprendre le coran par coeur (exemple extrême), donc sans rien y comprendre, est un crime contre l'esprit. Or on sait depuis des années (désolé de me répéter) que, dès l'âge de 2 ou 3 ans, les influences à forte charge affective et unilatérales, fussent-elles de « bonne foi », laissent le plus souvent des traces indélébiles dans les neurones des amygdales du cerveau émotionnel, puis dans ceux du cerveau rationnel, vu leur connexion constante mais en équilibre instable. En l'absence d'alternatives non confessionnelles, les influences religieuses précoces se renforcent ensuite par la plasticité neuronale et par l'épigenèse au fur et à mesure de la répétition des expériences religieuses. L'incapacité des musulmans à devenir athées me semble en témoigner, indépendamment du fait que l'apostasie leur est interdite et parfois punie de mort.

        « La foi et la pensée la plus libre, la plus profonde » me semble incompatibles et donc inconciliables, comme le sont le créationnisme et l'évolutionnisme. Je pense que la liberté, quelle qu'elle soit, n'est pas innée : elle ne s'acquiert qu'en ayant eu connaissance des alternatives et par une éducation développant l'esprit critique, l'autonomie, la responsabilité individuelle, les valeurs humanistes, etc. Comme je l'ai écrit, du fait de nos nombreux déterminismes, (génétiques, hormonaux, éducatifs, culturels, religieux, idéologiques, sociaux, politiques, etc.), nous sommes moins libres que nous ne le pensons, notre amour-propre dût-il en souffrir. Actuellement, les libertés de conscience et de religion, bien que constitutionnelles, me paraissent hélas plus symboliques qu'effectives. Certes, un scientifique se doit, par honnêteté intellectuelle, de prévoir la survenue d'un élément nouveau, et donc « la possibilité hypothétique d'une existence du divin ». Mais en l'absence persistante d'une manifestation divine observable et incontestable, il se déclare souvent « agnostique, mais à connotation athée », comme par exemple le journaliste scientifique Paul DANBLON. On est loin, me semble-t-il , d'un « préjugé » athée, comparable au préjugé de l'existence de Dieu, qui constitue une pétition de principe. L'absence de Dieu n'a pas à se démontrer : elle est un fait concret et objectif, en dehors de son existence subjective et imaginaire.

         


        Vous avez tout à fait raison : je ne devrais pas adopter un « ton un peu professoral et condescendant » mais plutôt faire preuve de modestie. D'autant plus que je suis par ailleurs conscient que la méthode scientifique oblige à d'abord chercher à infirmer une hypothèse explicative, et non à la confirmer. Outre ma tendance au réductionnisme et à la simplification abusive, j'ai le défaut de donner l'impression que j'ai tout compris. Je l'attribue au fait que depuis 1961, je m'intéresse à l'origine de la foi et à sa fréquente persistance. J'ai d'abord été croyant (protestant « libéral ») jusqu'à 21 ans, en 1961. Je me croyais donc du bon côté de la barrière dogmatique. Ce n'est qu'alors que j'ai compris que les pasteurs que j'ai connus entre 1952 et 1958, malgré leurs qualités humaines, occultaient non seulement la découverte des philosophes (passés et de l'époque), celle des autres religions (même du déisme), et surtout celle des options non confessionnelles que sont l'agnosticisme, l'incroyance, l'athéisme, la libre pensée, le rationalisme, la franc-maçonnerie, etc. J'ai rapidement été convaincu par les arguments rationnels et scientifiques de l'inexistence de Dieu, mais il m'a quand même fallu environ trois ans pour m'affranchir totalement de l'influence affective de ma foi, au point d'oser dire, comme le journaliste scientifique Paul DANBLON, déjà cité : "Dieu, si tu existes, j'ai un "oeuf à peler" avec toi, qui permets la mort d'enfants, etc".

        Pour tenter de comprendre ce décalage, j'ai lu de très nombreux ouvrages et correspondu avec des biologistes, des philosophes, des psychologues, des neurophysiologistes et des psychiatres croyants et athées, etc. C'est ainsi que j'ai pris conscience de l'influence, inconsciente et le plus souvent indélébile, de toute éducation religieuse.
        J'en ai conclu que, jusqu'à preuve improbable du contraire, les dieux n'ont qu'une existence subjective, imaginaire et donc illusoire, parce qu'on les a mis, précocement et ensuite à l'âge adulte, dans la tête des croyants. Il est d'ailleurs rare qu'un croyant, au-delà de l'adolescence et après environ 25 ans, remettre encore en question ses options fondamentales, ce qui risquerait de le déstabiliser dans ses certitudes, ou de le décrédibiliser. Je n'ai certes pas « vécu l'expérience de PASCAL », mais j'ai quand même vécu une expérience religieuse profonde jusqu'à seulement 21 ans, il est vrai.

         


        « Comprendre de l'intérieur » une expérience religieuse me semble assez illusoire lorsqu'on n'a pas la moindre idée du fonctionnement cérébral, comme ce fut le cas de PASCAL ou de Paul CLAUDEL, aussi intelligents soient-ils. Il n'y a pas « qu'un bouillonnement d'un orage neurologique », mais le fait est que ce bouleversement anesthésie, voire supprime totalement l'esprit critique et que l'émotion est privilégiée par rapport à la raison. La comparaison que je fais avec le « coup de foudre » me semble pertinente.

        Certes, « la science n'est pas tout, ni la seule manière dans la pensée d'envisager le réel », mais il importe à mon sens de distinguer ce qui est de l'ordre du subjectif et de l'objectif, de l'imaginaire et du réel. J'ai expliqué dans mon blog pourquoi les croyances religieuses seront évidemment toujours légitimes et respectables. « L'usage moderne de l'intelligence » me semble une « régression » à partir du moment où son objectif n'est pas de contribuer au bien-être et à l'émancipation du plus grand nombre. La « vérité dans les mythes, dans les philosophies et dans les religions » est à mes yeux symbolique. Soit dit sans la dévaloriser, elle me semble correspondre à un stade non pas inférieur mais antérieur de l'entendement humain, auquel a succédé l'apport des sciences, par définition partiel et provisoire. Mais libre à chacun de préférer l'ancienne perception du monde.

        Enfin, à propos des « problèmes philosophiques » :

         


        1) « La croyance religieuse » et « la conviction athée » résultent en effet « de l'évolution biologique et du conditionnement social », mais la première, imposée avec la soumission par une religion, est aliénante et elle anesthésie au moins partiellement la « liberté de pensée », tandis que la seconde a remis en question les certitudes éventuellement imposées au moyen du libre-arbitre et de la réflexion. Ma liberté de pensée, je la dois à la chance d'avoir pu découvrir à temps (et pas tout seul) ce que le protestantisme m'avait occulté, et de choisir librement ma conviction athée. Je vous concède que, sauf cas extrême tels que l'islam, « la foi et l'athéisme » ne sont pas nécessairement ni entièrement le produit des conditionnements » : le croyant n'est évidemment pas dénué de toute « raison », et l'athée ne peut pas se débarrasser d'un minimum d'irrationalisme !

        2) La prétention séculaire des religions qui font de la croyance en un dieu et en ses 'commandements » le fondement de la morale est obsolète à mes yeux : ce qui fonde la validité d'une « morale universelle, n'est-ce pas nécessairement et uniquement le respect inconditionnel des valeurs humanistes de la DUDH de 1948, les seules qui soient bénéfiques à tout le genre humain, contrairement aux « valeurs pluri-millénaires » ? Or certaines de ces valeurs ne sont pas toujours, et même loin de là, respectées par les morales religieuses. J'aurais dû présenter comme une hypothèse explicative mon opinion selon laquelle si COMTE-SPONVILLE est resté fidèle aux valeurs chrétiennes de son enfance, c'est parce qu'il ne s'est pas intéressé (cf le début de mon blog) à l'imprégnation inconsciente de la morale chrétienne durant son enfance.

        À propos du « nihilisme meurtrier du 20e siècle », d'accord avec vous : « les convictions racistes d'un Hitler s'originent dans une usage de la biologie et du darwinisme » et non dans l'athéisme qui n'est qu'une conviction philosophique librement choisie. Par contre, il me semble que l'absence totale de respect de la dignité humaine d'un Hitler et d'un Staline, d'un Mussolini, ..., de même que la soumission et la violence de ceux qu'ils ont endoctrinés, sont explicables par leur commune éducation religieuse initiale, qui a constitué un terreau favorable à la volonté de puissance des premiers et à la soumission des seconds. À mes yeux, les religions, surtout l'islam, à cause de leur prétention à détenir chacune LA Vérité et LE Vrai dieu, sont à l'origine de toutes les intolérances et de la plupart des violences. Hier comme aujourd'hui.

        3 ) Ici, nous sommes en désaccord complet : si un dieu s'était manifesté concrètement depuis le début de l'Histoire, il me semble que cela se saurait depuis longtemps ! Ce n'est pas une « affirmation gratuite », ni « une opinion » que de le dire, mais un fait d'observation qui n'a pas besoin d'être « examiné » ni prouvé. Certes, aussi bien des « hommes simples que des sages, des philosophes, ... sont allés à Dieu », mais pas par la raison, à mon sens. C'était parce qu'ils « sentaient Dieu aussi naturellement que la chaleur du soleil » (Dr Alexis CARREL), parce qu'ils privilégiaient leur sentiment religieux, et parce que tout être vivant se tourne vers ce qui lui bénéfique, et fuit ce qui lui est nuisible, nocif ou peu sécurisant.

        Il n'existe jusqu'à présent aucun indice objectif qui ferait supposer la pertinence « d'autres hypothèses que l'explication neurobiologique ». Au contraire, les religions ont propagé de tous temps l'obscurantisme, la culpabilité, la peur infondée de la mort, l'espoir d'un « paradis » imaginaire, etc. J'ai suffisamment étudié la bible, le coran et la thora : cela n'a fait que confirmer mon athéisme, et je m'en abstiens donc actuellement.

        Je m'étonne que vous ne voyiez pas que toutes les religions imposent, à des degrés divers, la soumission à un « Seigneur » à un texte « sacré » et à un éventuel prophète. Des « religions sans dieu » ? Vous pensez sans doute notamment au bouddhisme (qui est plus qu'une philosophie et une sagesse) : on y vénère Bouddha comme un dieu. Un scientifique digne de ce nom n'a pas de préjugés. Il a des doutes tant qu'il ne constate pas qu'une une convergence d'observations concordantes tend à les lever. Par contre, le préjugé de l'existence de Dieu constitue à mes yeux, je le répète, une pétition de principe.
        Une morale universelle ne verra hélas pas le jour tant que tous les pays ne favoriseront pas une éducation « humanisante » et laïque (je n'ai pas dit athée) faisant découvrir et respecter les valeurs de la DUDH, dont la liberté de croire, mais sans que la foi soit imposée.
        J'espère ne pas (trop) vous avoir heurté dans vos convictions et que nous pourrons prolonger quelque temps cet échange enrichissant ! Et désolé d'avoir été beaucoup plus « long » que vous ...

        Bien à vous,
        Michel THYS
        28 août 2017

         

         

         

    5
    THYS jean-regnier
    Mercredi 13 Décembre à 00:04
    vrai et beau
    6
    Bruno
    Mercredi 13 Décembre à 11:51

    Monsieur Michel,

    Soumission à un texte sacré : ce que vous écrivez là convient à l'islam - du moins une large frange de l'islam -, mais si peu au catholicisme.

    La religion catholique parle d'un texte inspiré, mais humain, écrit par des humains dans un contexte historique donné et selon une personnalité propre à l'auteur ou à la communauté à  l'origine du texte : il oblige ainsi à l'interprétation. Donc à s'écouter. Donc à dire que le texte est second : c'est l'interprète qui est juge. Lisez deux interprétations d'un même texte : que de différences ! L'Eglise n'impose pas ou plus une lecture.

    Soumission ! Vous utilisez un mot d'une religion : l'islam. Ce mot n'est plus accepté dans le catholicisme. Lisez la Catéchisme de Jean-Paul II : en questions de morale, c'est la conscience qui est la référence ultime. Pas le pape, encore moins la Bible, pas l'Eglise : on n'y trouve que des directives que les chrétiens, vous l'aurez remarqué, choisissent ou non de suivre, en fonction de leur conscience ou de leur faiblesses.

    La Bible est tellement vaste qu'elle permet de fonder n'importe quelle thèse. Comment s'y soumettre ? Mais elle s'inspire d'une spiritualité propre, et là nous revenons à la question de la violence. Là où les animaux et les hommes ont tendance à distinguer les bons et les mauvais, les ennemis (mauvais) et les amis (les bons), la Bible déconstruit ce cadre : il n'y a plus de bons et de mauvais. Le peuple élu se révèle l'objet de la colère de Dieu (j'espère que vous lirez ceci au-delà des images : Dieu en colère signifie pour un chrétien moderne le désastre causé par nos désordres; une malédiction de Dieu est une constatation, non un désir de mal - ce qui est incompatible avec l'idée de Dieu d'amour). Bref il n'y a pas de peuple bon; car même les païens sont appelés par Dieu - oui, déjà dans l'Ancien Testament (cfr Sophonie par exemple). Il n'y a pas non plus de prophète parfait : Moïse manque de foi, David est assassin, Noé s'enivre... et le pécheur précède parfois le pieux. Pierre est traité de Satan par Jésus. Etc. Diviser le monde en deux, les bons et les mauvais est la source de la violence, disait Soljenitsyne. La Bible s'efforce de sortir l'homme de cette  ornière.

    Soumission? Les chrétiens-modèles, les saints, sont souvent des exemples nietzchéens d'hommes rejetés à leur époque par l'Eglise ou du moins par des hommes d'église, à l'image de Jésus persécuté par les pieux Juifs : Don Bosco, François d'Assise, Thomas d'Aquin, Bernadette Soubirous, ...

    Cette division du monde en deux existe chez les animaux : une grande violence existe là, mais comme on la considère normale, elle ne rend pas malheureux. De même les peuples primitifs : les règles priment et permettent de brimer les personnalités au profit de la communauté. Jésus a brisé le tabou des règles. L'Eglise a tenté de réimposer des règles, a brimé les chrétiens sans cesse avec des règles, mais la Bible inspire toujours assez pour revenir à l'esprit du fondateur qui n'impose qu'une loi, celle de l'amour - loi qui n'en est pas une puisqu'elle demande l'intervention de la conscience pour son application.

    Soumission à Dieu ? En fait cela signifie pour un chrétien, en principe, soumission à l'amour, au Bien puisque Dieu ne demande rien d'autre. Et ce bien, personne ne peut dire ce que c'est exactement.

    Dans le concret, bien sûr, chacun revient avec ses idéologies, qu'elles soient religieuses ou non - je pense au communisme chinois et à la laïcité belge si idéologique et politique . Mais le christianisme a cette chance d'avoir un antidote puissant dans son Nouveau Testament et dans l'exemple de Jésus toujours au-dessus des lois : le bien comme seul critère. Soumission donc à une seule chose : le bien. (Et vu le flou que comporte cette  notion, plus concrètement on peut parler de conscience.)

    Quelle différence avec le judaïsme (religion de lois) et surtout avec l'islam qui incarne le refus de la dynamique chrétienne !

    Cordialement

     

     

     

      • Mercredi 13 Décembre à 21:49

         

        Bonjour Bruno,

         

        Vous avez raison : j'aurais dû préciser que la soumission totale

         

        imposée par l'islam n'est évidemment pas comparable à celle du

         

        croyant catholique qui prie son « Seigneur » (dans le sens de

         

        « Père substitutif et agrandi », comme disait feu le chanoine

         

        Antoine Vergote de l'UCL. Je précise en principe toujours que

         

        « c'est à des degrés divers » que toutes les religions imposent

         

        la soumission.

         

        Depuis des décennies, le catholicisme a évidemment renoncé

         

        à tout dogmatisme contre-productif et, contrairement à l'islam,

         

        il a tenu compte de l'évolution des connaissances scientifiques

         

        et de l'émancipation des esprits, du moins dans la plupart des

         

        pays intellectualisés. En permettant (une certaine) interprétation

         

        de la Bible, il s'est rapproché du protestantisme (celui, calviniste

         

        et libéral que j'ai connu jusqu'en 1960, à 21 ans), il a abandonné

         

        le latin, il a fait se tourner les prêtres vers les fidèles, il les font

         

        chanter, etc., comme chez les protestants (surtout évangéliques

         

        de nos jours).

         

        Lorsqu'il est « question de morale », vous écrivez que « c'est la

         

        conscience qui est la référence ultime ». Bien sûr : cela rejoint

         

        même l'un des préceptes de la franc-maçonnerie a-dogmatique : 

         

        « Écoute toujours la voix de ta conscience : elle est ton juge ».

         

        Encore faut-il que la conscience d'un croyant n'ait pas été trop

         

        influencée inconsciemment par des prescrits religieux, parfois

         

        intolérants, qui ne respectent parfois que partiellement les valeurs

         

        humanistes de la DUDH de 1948.

         

        Du fait de leurs nombreux auteurs au fil des siècles, tous les

         

        textes religieux, dont la Bible, disent en effet tout et son contraire.

         

        Mais je reconnais volontiers que le plus grand mérite du

         

        christianisme fut de prôner, hélas en vain, l'amour du prochain.

         

        Cela nous amène à mon interprétation de la violence, quitte à

         

        me répéter si vous l'avez déjà lue. À mon sens, le bien et le mal

         

        n'existent pas dans la nature.

         

        Ce sont, selon moi, des constructions de l'esprit.

         

        Le « bien », à mes yeux d'athée, c'est ce qui est favorable à

         

        l'émancipation et à l'épanouissement de l'individu et de l'espèce,

         

        et inversement pour le « mal ».

         

        Comme tous les autres mammifères, l'être humain, en présence

         

        d'un danger ou d'une menace, est d'abord régi par son cerveau

         

        "reptilien" qui l'incite à la fuite, ou à l'agression, ou à l'inhibition

         

        s'il "fait le mort".

         

        Nous possédons toujours ce cerveau primitif, même s'il est

         

        compensé par le cerveau émotionnel et par le cerveau rationnel,

         

        heureusement en interactions constantes, mais en équilibre instable.

         

        Si l'on excepte l'influence de certaines tumeurs cérébrales et celle

         

        de carences éducatives non récupérées, voire de violences parentales,

         

        et si l'on se place dans une approche génétique et neurophysiologique,

         

        l'animal humain, placé dans un certain contexte éducatif, culturel,

         

        affectif, hormonal, ..., a fortiori s'il a été endoctriné, reste virtuellement

         

        capable de haine et de violence. Un tel point de vue exclut évidemment

         

        les interprétations philosophiques et théologiques d'antan qui auront

         

        évidemment toujours un intérêt historique ou littéraire.

         

        La violence actuelle est de moins en moins contenue par les interdictions

         

        religieuses d'antan ("Tu ne tueras point !"). J'observe que l'Histoire

         

        confirme abondamment la piètre aptitude des religions à développer

         

        une conscience morale autonome. Elle témoigne par contre de sa

         

        remarquable aptitude à inciter, dès l'enfance, à la soumission et à l'

         

        obéissance à un texte « sacré » puis à ceux qui exploitent la soumission

         

        religieuse pour maintenir leur domination sur les consciences.

         

        À cet égard, je ne partage pas l'opinion fréquente selon laquelle la violence

         

        raciste du nazisme, le totalitarisme du stalinisme, ou le fascisme de Mussolini,

         

        notamment, seraient dus à l' « athéisme » de ces idéologies. (L'athéisme n'est

         

        en effet qu'une option philosophique choisie à la suite d'une réflexion

         

        personnelle, sur base d'arguments rationnels et scientifiques).

         

        Au contraire, il me semble que l'absence totale de respect de la dignité

         

        humaine d'un Hitler et d'un Staline, d'un Mussolini, ..., de même que la

         

        soumission et la violence de ceux qu'ils ont endoctrinés, sont explicables

         

        par leur commune éducation religieuse initiale, qui a constitué un terreau

         

        favorable à la volonté de puissance des premiers et à la soumission des

         

        seconds. À mes yeux, les religions, surtout l'islam, à cause de leur prétention

         

        à détenir chacune LA Vérité et LE Vrai dieu, sont à l'origine de toutes les

         

        intolérances et de la plupart des violences. Hier comme aujourd'hui.

         

        L'actuel déclin de la religiosité, du moins chez nous, n'a hélas pas été

         

        compensé par une éducation laïque "humanisante". Je pense en effet

         

        que la conscience morale, le sens des valeurs, le respect de l'autre et de

         

        sa différence enrichissante, loin d'apparaître spontanément,

         

        ne s'acquièrent que par une éducation familiale puis scolaire, fondées

         

        sur l'autonomie, la responsabilité individuelle, l'apprentissage des

         

        limites et du respect des autres et de soi-même, sur l'exemple des

         

        parents et des éducateurs, non pas intellectuellement, mais par des

         

        expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois

         

        a contrario, etc ... (cf par exemple la méthode des dilemmes moraux

         

        de Kohlberg.

         

        Mais cette morale laïque est malheureusement rétive à tout

         

        prosélytisme, ce dont profitent évidemment les responsables

         

        religieux de l'éducation ...

         

        Il est rare, et même parfois impossible pour les es adultes, surtout

         

        au-delà de 25 ans environ, d'encore remettre en question leurs

         

        conceptions fondamentales : S'ils rejettent la croyance comme étant

         

        illusoire, faute d'alternatives laïques, ils risquent de se déstabiliser

         

        ou de sombrer dans l'individualisme, dans l'indifférence, voire

         

        d'être happés par une secte ... C'est pourquoi je souhaite que l'on

         

        parvienne un jour, aussi bien en France qu'en Belgique, et ailleurs,

         

        via le cours d'histoire, à fournir à TOUS les enfants et adolescents

         

        une information minimale, progressive, objective et non prosélyte,

         

        à la fois sur "le fait religieux" (les différentes religions et la soumission

         

        qu'elles ont en commun à des degrés divers) ET sur "le fait laïque"

         

        (l'humanisme laïque, ses valeurs, ses options, ses objectifs, la spiritualité

         

        laïque, la franc-maçonnerie a-dogmatique, etc .), actuellement occulté

         

        autant que possible par toutes les religions.

         

        Chacun serait ainsi aussi libre que possible de croire ou de ne pas croire,

         

        mais c'est encore très utopique !

         

        La « laïcité belge » qui prône un système éducatif favorisant le choix entre

         

        croyance et incroyance n'est donc pas « idéologique et politique » : elle est

         

        « philosophique ».

         

        Parler de « la colère de Dieu » ou de ses demandes ou intentions, cela

         

        implique que l'on préjuge de son existence, ce qui constitue une « pétition

         

        de principe », et cela me paraît très anthropomorphique ...

         

        Quant à jésus, s'il a vraiment existé, il est évident qu'il n'a jamais dit tout

         

        ce qu'on lui a fait dire pendant des siècles !

         

        Cordialement,

         

        Michel THYS

         

         

         

         

         

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